Y'a des moments comme ça où je me dis que tout le monde est dans sa vie et s'en fout des autres. Moi je passe bien devant les mendiants sans que ça me serre le coeur systématiquement.

Je me sens seule par exemple. Ca m'empêche pas de respirer mais ça me rend triste, surtout quand je suis un peu fatiguée. Je pense que tout le monde s'en fout.

Tout ce que mon ancien copain m'a dit pour me récupérer une énième fois, je pense qu'il l'a dit par désoeuvrement, par facilité, parce qu'il s'ennuyait. Il n'y a pas réfléchi. Et puis il ne s'est pas dit que c'était assez maintenant, que j'étais fatiguée et que j'allais mal. Quand il va commencer à travailler, il va plus vraiment y penser, il va apprécier sa vie, il s'en fout.

Et moi, j'ai été là quand il allait pas bien, j'ai encaissé, j'ai épongé. J'ai même supporté sa colère quand j'essayais d'aller mieux. Il trouvait que j'allais mieux trop vite après qu'il m'a larguée et que lui, il allait pas bien. Rassure-toi, je ne suis pas en forme. Après ce que tu m'as fait, j'en suis encore à me dire que peut-être, si on attend un peu, quelque chose est possible. Comme quoi je ne vais vraiment pas bien.

Mais moi, à qui je dis que je suis pas bien ? A qui ? Qui peut vraiment me faire aller mieux ? ça ne peut venir que de moi sans doute...

Alors je me répète que tu m'as trompée, que tu t'es attaché à une autre fille et que ta mauvaise humeur à cette période, tu me l'as faite payer par dessus le marché. Je me répète que tu m'as humiliée en face de mes amis, plusieurs fois. Que tu me rejettais à chaque fois que je voulais me rapprocher de toi, apprendre à parler la langue de ta famille ou danser avec toi. Je me répète que tout ça, les bons moments qu'on a partagés, c'est fini. Tu n'es plus la personne avec qui j'avance. Je peux avancer toute seule mais ça me plaisait de faire front avec toi.

Est-ce que je peux te dire ça ? Non. Tu vas trouver que j'exagère, que je me victimise. Je le dis pas par fierté. Mais j'ai envie de te crier que tu m'as fait mal et que ça continue ! Que tu penses avoir fait ton mea culpa mais ce n'était qu'un acte irréflechi, une pulsion de la tristesse et de l'ennui passagers.Ca me fait encore plus mal de me dire que tu as écrit tout ça, que tu mêles ma famille à tout ça, que pour la première fois depuis qu'on se connait, tu les appelles par leurs prénoms. Tout ça pour quoi ? Pour me montrer que tu as changé ? Pour me récupérer encore simplement ? Tu n'as pas changé encore, je ne sais pas si tu le feras un jour. Tu me dis tout ce que j'ai envie d'entendre mais c'est de la poudre aux yeux, je vois venir le moment où ça va devenir du gaz lacrymogène et où je vais suffoquer si je me laisse avoir encore une fois.